Le directeur général d’Automotive Cells Company (ACC), Yann Vincent, quitte son poste. Dans un communiqué, ACC confirme une information du journal Les Échos précisant qu’il a quitté la coentreprise entre Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies le 1er mai 2026 pour partir en retraite. Pour rappel, Yann Vincent dirigeait le producteur de batteries depuis 2020. Il a auparavant été directeur d’usines chez PSA et Alstom.
C’est désormais Allan Swan, ex-président de Panasonic Energy en Amérique du Nord, qui lui succède. La filiale du géant japonais compte notamment deux gigafactories au Kansas et au Nevada, deux sites qui produisent des batteries pour Tesla. Panasonic se situe à la quatrième place des fournisseurs de batteries dans le monde, d’après le média coréen SNE Research. Allan Swan a auparavant travaillé pour Rolls-Royce. Comme le rappellent Les Échos, il est “rompu à la gestion d’une production de masse”.
Selon les sources du journal économique, sa nomination est effective depuis le 1er mai. “Il a dirigé l’un des projets de batteries lithium-ion les plus grands et les plus matures au monde”, produisant “des milliards de cellules chaque année”, ajoute ACC, pour qui son expérience “fait de lui le candidat idéal pour accélérer le développement d’ACC”.
ACC peine à monter en cadence
Selon les médias, Allan Swan aurait un profil davantage tourné vers les cellules, et moins vers l'”automobile”. Un nouveau patron qui aura la lourde tâche de redresser une coentreprise en difficulté. Rappelons qu’ACC est parvenu à obtenir 1,3 milliard d’euros de subventions pour la création d’une gigafactory dans le Pas-de-Calais, à Billy-Berclau. Un site inauguré fin mai 2023 qui accumule les retards de livraison et qui ne parvient pas à monter en cadence. La coentreprise a notamment eu des difficultés au niveau du taux de rebut, impactant les délais de livraison des SUV Peugeot 3008 et 5008 (de 9 à 12 mois).
L’usine de batteries est considérée comme un maillon de la souveraineté européenne dans un domaine dominé par les fournisseurs chinois. Notons qu’ACC a parié sur la technologie NMC (nickel-manganèse-cobalt), plus chère que les LFP (lithium-fer-phosphate) adoptées en masse par l’industrie automobile. “Ça prend plus de temps à construire que ce qu’on avait pu imaginer”, avait expliqué sur BFM Business Yann Vincent. “Il nous faut une constance dans l’effort. L’Européen n’est pas habitué à ça : il veut des résultats dans les trois mois. Mais le train est en marche”.
“Ce sont des procédés de fabrication extrêmement compliqués, pour lesquels il faut du temps pour arriver à les maîtriser parfaitement”, face à des concurrents chinois qui ont vingt ans d’avance, a relevé Yann Vincent, qui a espéré combler “dans les trois ans” l’écart de compétence avec les fabricants chinois. Devant ces difficultés, ACC a abandonné en février 2026 ses projets d’autres gigafactories en Italie et en Allemagne.
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