Journal des Flottes : Vous avez pris la direction de Mobilize Lease & Co France en septembre dernier. Pouvez‑vous nous préciser le rôle de cette entité ?
Fabrice Denoual : Je dirige effectivement Mobilize Lease & Co en France, qui est la structure de location longue durée qui officie pour le compte du groupe Renault. Nous servons à ce titre les trois marques que sont Renault, Dacia et Alpine, mais aussi Nissan.
Évidemment, en tant que loueur, notre mission est d’accompagner nos clients professionnels dans la gestion de leurs outils de production automobiles avec le plus haut niveau de qualité de service. Cela comprend bien entendu les voitures particulières, mais aussi les véhicules utilitaires légers. Nous pouvons le faire en nous appuyant sur le réseau de distribution du groupe Renault.
JDF : Quelle clientèle visez‑vous ?
FD : Nous ciblons toutes les entreprises, quelle que soit la taille de leur parc automobile. Cela passe par deux axes d’approche. Pour les flottes de proximité, en somme les TPE et PME, c’est le réseau Renault qui a la main et qui, en lien avec nos équipes, vend des solutions de location longue durée pour le compte de Mobilize Lease & Co. L’autre axe consiste à approcher directement de grands comptes nationaux, une cible que nous développons main dans la main avec les équipes BtoB du groupe Renault.
Dans les deux cas, l’objectif est d’accompagner le groupe Renault dans le renforcement de son leadership sur le marché français des flottes, tant sur le VP que sur le VUL (en proposant des offres adaptées à tous les types de clientèle). Les grands comptes font généralement appel à plusieurs loueurs et apprécient d’avoir accès à plusieurs marques.
Nous sommes attentifs aux évolutions du marché, nous ne fermons aucune porte
JDF : Comment, en tant que captive, faites‑vous face à ces deux points qui ne jouent pas forcément en votre faveur ?
FD : C’est un fait, certains grands comptes aiment avoir plusieurs loueurs dans les appels d’offres et plusieurs marques référencées. Justement, c’est dans cette approche multiloueur que nous avons notre mot à dire, notamment auprès des clients qui ont une forte appétence pour les véhicules utilitaires légers. Il ne vous aura pas échappé, par ailleurs, qu’il y a un mouvement de concentration sur le marché de la location longue durée, avec deux acteurs multimarques majeurs qui émergent. Encore une fois, être la captive de Renault fait de nous une alternative crédible dans un schéma multiloueur.
JDF : Avez‑vous vocation à rester la captive exclusive du groupe Renault ou bien un jour, Mobilize Lease & Co pourrait‑il devenir un loueur multimarque ?
FD : Nous sommes la captive de Renault Group et très heureux de l’être, car encore une fois, le groupe est leader sur son marché en France. Commençons par bien faire notre métier de captive et par servir au mieux notre constructeur et nos clients, cela reste notre priorité. Après, comme toujours dans la vie des entreprises, nous sommes attentifs aux évolutions du marché, nous ne fermons aucune porte.
JDF : Combien de véhicules sont gérés par Mobilize Lease & Co en France ?
FD : Présents dans de nombreux pays, nous communiquons nos résultats consolidés. En revanche, je peux vous dire qu’à l’échelle internationale, Mobilize Lease & Co opère dans 19 pays et que nous avons passé le cap des 650 000 véhicules en gestion. Ce volume s’est accru de 4,1 % en 2025. Maintenant, il va de soi que l’entité française est la plus importante en termes de volume de parc.
JDF : Combien de collaborateurs compte votre entité ?
FD : Ce sont aujourd’hui 400 collaborateurs qui travaillent pour le compte de Mobilize Lease & Co en France. Comme je vous le disais plus tôt, nous disposons d’une équipe commerciale grands comptes qui travaille avec les managers grands comptes du groupe Renault. Nous avons aussi une équipe d’animation sur le terrain, qui permet de suivre au niveau local et régional les groupements de concessionnaires et les clients de proximité.
Tout cela se fait également en interaction avec Mobilize Financial Services France, anciennement Diac, et ses équipes d’animation réseau. Cela nous permet notamment de proposer, en plus de nos offres de LLD, des solutions de crédit‑bail qui continuent à intéresser certains clients comme les artisans.
JDF : Le marché automobile en France est en berne, comment le ressentez‑vous à votre niveau ? Et qu’en est‑il de l’électrique, est‑ce pour vous aussi la seule éclaircie du moment ?
FD : Notre but est d’aller chercher de la croissance mais le marché n’est pas évident en termes d’approche. En 2025, le marché global a baissé de 5 % et celui de la location longue durée de 6 %. On ne constate pas vraiment d’amélioration sur le début d’année 2026. Le marché global reste en baisse, mais on voit en revanche un début de stabilisation sur la LLD.
Encore une fois, dans ce cadre incertain, le groupe Renault a repris des parts de marché, ce qui s’est traduit positivement pour Mobilize Lease & Co en termes de volume. Concernant l’électrique, la dynamique est là, d’autant plus au sein du groupe Renault où les produits sont au rendez‑vous. Le groupe tient toutefois à se développer sur deux jambes, la partie électrique donc, mais aussi la partie hybride.
JDF : Dans quel état d’esprit sont les entreprises que vous rencontrez ?
FD : La transition vers le véhicule électrique génère bon nombre de sujets, d’interrogations, le tout dans un contexte économique et fiscal compliqué. Nos clients sont clairement dans une phase de temporisation, ce qui se traduit notamment par des prolongations de contrat. Ensuite, l’autre réalité est que les grands comptes principalement se tournent rapidement vers l’électrique, du fait de la réforme des avantages en nature de février 2025 et de l’instauration de la taxe annuelle incitative. Les modèles électriques représentent 37 % du marché de la LLD en France, en ce début d’année (à fin février, NDLR). Mobilize Lease & Co se situe peu ou prou dans cette même dynamique, nous accompagnons nos clients dans leur transition énergétique.
Maintenant, en 2026, nous devrions y voir plus clair et nos clients vont être amenés à renouveler leurs véhicules. Nous sommes raisonnablement confiants, d’autant plus que nous pouvons encore une fois nous appuyer sur une gamme de produits qui est excellente côté Renault, en VP et en VUL. Je n’oublie pas Dacia qui, avec le Bigster et bientôt le Striker, a des modèles qui sont un très bon compromis pour nos clients. Alpine nous permet, de son côté, de répondre à des besoins sur des véhicules statutaires.
JDF : La LLD VO commence à faire son chemin chez certains de vos concurrents, est‑ce une piste que vous explorez ?
FD : Ce n’est pas une offre que nous avons à ce jour. Notre métier est d’accompagner le développement de notre constructeur et de nos clients sur le véhicule neuf. C’est naturellement un sujet que nous regardons, la concurrence est active dans ce domaine, il n’y a donc pas de raison que nous soyons spectateurs. Idem pour la location moyenne durée. Nous avons néanmoins des services qui existent au niveau du réseau, à l’image de Mobilize Share. La LLD à particulier est également proposée via Mobilize Financial Services.
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