Tandis que les normes dans l’Union européenne se sont multipliées ces dernières années, le directeur général de Renault appelle à lever le pied. En effet, invité à l’événement Future of the Car, organisé le 14 mai 2026 à Londres par le Financial Times, François Provost a appelé Bruxelles à geler pendant dix ans la réglementation européenne. Selon lui, cela permettrait à Renault de baisser le prix de ses petites voitures et de se concentrer sur l’électrification du parc.
“Ce que je propose à l’UE […] c’est que nous prenions la réglementation telle qu’elle est aujourd’hui, celle qui s’applique à la R5, à la Clio, et que nous la gelions pendant 10 ans”, a-t-il affirmé lors de son intervention. “En faisant cela, croyez-moi, tous nos ingénieurs, qui aujourd’hui font face à un tsunami de réglementations européennes, pourront consacrer du temps et des ressources à faire baisser les prix” et se concentrer “sur l’électrification”, a-t-il ajouté lors de l’événement.
Ne pas diminuer, mais geler la réglementation
Pour répondre à la concurrence chinoise, dans son plan de soutien au secteur automobile présenté en décembre 2025, la Commission européenne avait dit vouloir soutenir le développement d’une nouvelle catégorie de petits véhicules électriques, dite “M1e”, notamment en réduisant au minimum l’introduction de nouvelles obligations réglementaires pendant dix ans.
“Je soutiens la proposition de la Commission”, a déclaré François Provost le 14 mai 2026, insistant sur le fait qu’il “ne recommande pas de diminuer le niveau de réglementation, mais de le geler”. “Cela permettra assurément de relancer le marché européen, car le cœur du marché européen, ce sont les voitures compactes”, a-t-il expliqué.
Les ventes de voitures électriques neuves en France ont bondi de 48 % au cours des quatre premiers mois de 2026, selon des chiffres publiés au début du mois par la Plateforme automobile (PFA), qui regroupe les professionnels du secteur dans l’Hexagone.
Ces chiffres étaient notamment dopés par les bons scores de vente de la Renault 5 et par la progression des marques chinoises, qui renforcent la concurrence sur un marché automobile global toujours en berne. Le groupe Renault avait publié le mois dernier un chiffre d’affaires en hausse de 7,3 % au premier trimestre, soutenu notamment par l’augmentation des ventes de modèles électriques.
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