Après des décennies de domination, D’Ieteren n’est plus le premier vendeur automobile du pays. Le groupe belge, associé depuis toujours aux marques du groupe Volkswagen, a été dépassé en 2025 par le néerlandais Van Mossel Automotive Group, devenu le nouveau poids lourd de la distribution automobile en Belgique et au Luxembourg.
Selon les chiffres du site néerlandais Aumacom et repris par le journal économique flamand De Tijd, Van Mossel a en effet immatriculé 32 500 voitures neuves en Belgique et au Luxembourg, contre 28 150 pour D’Ieteren. Une performance qui confirme l’ascension spectaculaire du groupe néerlandais depuis son arrivée dans ces deux pays en 2018. À l’époque, Van Mossel avait frappé un grand coup en rachetant les concessions de la famille Moorkens, active notamment avec Kia, Toyota, Fiat, Citroën et Opel. Depuis, les acquisitions se sont multipliées à un rythme soutenu.
Un portefeuille éclectique
“Le marché automobile était sous pression l’an dernier et Van Mossel a pu mieux absorber ce choc grâce à un portefeuille de marques très diversifié, alors que D’Ieteren dépend entièrement des marques du groupe Volkswagen, comme Volkswagen, Audi, Skoda, Porsche, Seat, Lamborghini ou encore Bentley”, explique Bart Schimmel, analyste chez Aumacon et cité par nos confrères. À noter que cette première place, le groupe néerlandais l’avait déjà ravie en 2023, reprise très rapidement par son concurrent local en 2024.
Cependant, cette remontée de Van Mossel pourrait perdurer. En quelques années seulement, le groupe a construit un véritable empire automobile en Belgique. Le groupe dispose aujourd’hui de plus de 185 implantations et commercialise pas moins de 32 marques différentes. Surtout, son modèle ne repose plus uniquement sur la vente de voitures neuves. Le groupe est désormais présent dans tous les segments liés à l’automobile : véhicules d’occasion, leasing, carrosserie, financement et services après-vente.
Un développement sur l’occasion
Cette diversification constitue l’un de ses principaux atouts. En 2025, Van Mossel a également écoulé près de 27 000 voitures d’occasion et gère une flotte de 54 000 véhicules via ses activités de leasing. Sa division carrosserie continue elle aussi de se développer avec quinze centres spécialisés répartis sur le territoire belge.
Les résultats financiers suivent cette dynamique. Les activités belges et luxembourgeoises du groupe ont franchi pour la première fois le cap des deux milliards d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de près de 9 %. La région Benelux est ainsi devenue la deuxième entité la plus importante du groupe Van Mossel, derrière les Pays-Bas, mais devant des marchés comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni.
Cité par nos confrères, pour Koen Claesen, à la tête du groupe néerlandais, cette croissance est notamment portée par la hausse de la part des véhicules électriques et d’occasion. “Les jeunes d’aujourd’hui sont naturellement plus enclins à acheter un modèle d’occasion récent plutôt qu’une voiture thermique neuve.”
Des rachats en Wallonie
Dans ce contexte, Van Mossel ne compte pas s’arrêter là. Le groupe prévoit encore un chiffre d’affaires de plus de 2,8 milliards d’euros cette année. Le dirigeant voit surtout un fort potentiel en Wallonie. “Nous y sommes encore trop peu présents. Là où nous comptions il y a deux ans une dizaine de sites, nous en possédons désormais près d’une vingtaine, a-t-il indiqué à De Tijd. Nous avons signé des lettres d’intention avec des partenaires pour reprendre des activités de vente de véhicules d’occasion et des entreprises de carrosserie.”
Le rachat d’acteurs familiaux belges n’est pas nouveau : les groupes français avaient notamment été précurseurs depuis plus d’une dizaine d’années, comme Autosphere, Pautric, CAR Avenue, GCA ou RCM pour ne citer que ces derniers. Mais sous l’impulsion de Van Mossel, il semblerait que cette concentration s’accélère.
Automobile Magazine – France





















