L’électrique ne peut pas tout
L’électrique n’aura pas suffi à sauver le mois d’avril 2026. Malgré la progression de 41,9 % de cette énergie, le marché automobile est dans le rouge avec une baisse des immatriculations de 0,2 %, soit 138 339 unités. Un tassement qui n’est pas propre aux véhicules neufs car, ce mois-ci, tous les signaux sont négatifs. Le marché des flottes est également en net recul, tandis que celui des utilitaires, après avoir connu trois premiers mois positifs, replonge. Et côté occasion, ce n’est guère mieux. Le marché recule de plus de 10 %. Depuis le début de l’année, avec 539 895 immatriculations, le marché VN se contracte de 1,6 %. Et si l’on s’arrête en 2019, ce sont environ 500 000 véhicules qui ont “disparu” sur cette même période. Pour expliquer ce marasme, les pointent le retour de l’inflation et une croissance nulle au premier trimestre. Et il est fort probable que la situation géopolitique, dont les premiers effets apparaîtront dans les statistiques de mai, risque d’empirer la situation dans les mois à venir.
Stellantis en fête
C’est la première fois depuis de nombreux mois que Stellantis repasse devant Renault. Certes, l’écart entre les deux n’est que de 1 348 véhicules. Mais avec une progression de 8,1 %, à 36 522 véhicules, avril a clairement été le mois de Stellantis face à Renault qui recule de 9,9 %, à 35 174 unités. Dans le détail, les quatre principales marques de Stellantis (Peugeot, Citroën, Opel et Fiat) affichent toutes des progressions. Fiat explose de 113,8 % (2 174 immatriculations), tandis que DS, Jeep et Alfa Romeo régressent.
Renault numéro un, mais en baisse
Chez Renault, toutes les marques sont logées à la même enseigne. Renault recule de 11,5 % (23 297 immatriculations), mais reste néanmoins la marque la plus vendue en France avec une part de marché de 16,8 % – alors que celle de Peugeot n’est que de 13,3 % (18 395). Dacia régresse de 5,3 % (11 505). Ce mois-ci, la Renault Clio s’est fait griller la priorité par la Peugeot 208 qui est la première voiture vendue en France. Cette dernière s’est en effet écoulée à 6 469 unités, contre 5 118 pour le modèle au losange.
Volkswagen, figure d’exception
Au-delà de la progression de Stellantis, la plupart des groupes sont à la peine. Toyota recule de 17,5 % (9 468 immatriculations), Hyundai de 14,1 % (6 357), BMW de 11,4 % (6 202), Mercedes-Benz de 1 % (4 541), Ford de 22,6 % (2 485) et Suzuki de 5,8 % (1 733). Il n’y a que le groupe Volkswagen qui s’en tire avec les honneurs, à savoir une progression de 5,4 % (21 413), porté par Audi (+24,1 %), Volkswagen (+8 %) et Skoda (6,9 %). Nissan enregistre aussi un résultat positif (+12,8 % ; 2 784), tout comme Geely (+4 % ; 1 046).
Des chinois dans le vent
Dans un tel contexte, alors que le salon de Pékin ferme ses portes et que les chinois ont dévoilé leurs ambitions pour l’Europe, les chiffres parlent d’eux-mêmes. MG progresse de 59,5 % (2 918) pour s’octroyer une part de marché de 2,1 %, très proche de celle de Kia et au-dessus de celle de Nissan. BYD, en plein développement de son réseau, a mis à la route 2 533 véhicules (+22,7 %), soit une pénétration de 1,8 %. Nouvel entrant dans ce classement, Jaecoo, et dans une moindre mesure, Omoda, qui ont immatriculé respectivement 922 et 83 véhicules. Des mises à la route dont les véhicules de démonstration représentent une part non négligeable, les marques venant d’être lancées il y a quelques semaines. Enfin, XPeng a doublé ses immatriculations (+115,4 % ; 642), tandis que Leapmotor progresse, sans néanmoins trop faire de bruit (+83,6 % ; 527).
L’électrique numéro un, mais pour combien de temps ?
L’électrique est l’arbre qui cache la forêt. Avec une progression de 41,9 %, cette énergie a représenté une part de marché de 26,2 %, à 36 216 immatriculations. Comme le mois dernier, cette technologie est numéro un des ventes. Mais pour combien de temps ? Avril bénéficie encore des immatriculations des ventes aux entreprises et du leasing social, mais ces dernières vont se réduire. Toutes les autres énergies sont en baisse : les hybrides non rechargeables et rechargeables. Elles reculent respectivement de 13,7 % (29 256) et de 12,2 % (8 320), pour représenter une part de marché de 21,1 % et de 6 %. Du côté 100 % thermique, l’essence (-24,1 % ; 21 963) et le diesel (-42,8 % ; 3 834) chutent eux aussi. L’offre se réduit de mois en mois, l’essence étant remplacée par les hybrides 48 V (+13,6 % ; 30 575), deuxième énergie la plus vendue. Enfin, le GPL (+2,4 % ; 4 896) est passé devant le diesel.
Des particuliers portés par le leasing social
En avril, il n’y a que le marché des particuliers qui est positif. Il a en effet enregistré une hausse de 11 %, à 60 115 immatriculations. Il ne faut pas voir ici un sursaut du marché, mais bien la conséquence du leasing social. Car tous les autres canaux sont en chute, y compris les tactiques. La location courte durée glisse en effet de 9,4 % (24 652), tandis que le véhicule de démonstration se contracte de 3,4 % (15 649). Ce n’est guère mieux pour les véhicules à destination des professionnels. La location longue durée a reculé de 2,5 % (17 171) et le marché des sociétés et des administrations de 12,4 % (16 618). L’incertitude économique et le matraquage fiscal sont les principales raisons de cet important coup de frein.
Les flottes sortent les rames
Les mois se suivent et se ressemblent pour le marché des flottes. Il baisse. En avril, le repli est de 7,7 % pour les mises à la route de voitures particulières, à 33 789 unités. Et comme tous les mois depuis le début de l’année 2026, seuls les modèles électriques sont orientés à la hausse, en l’occurrence de 68,9 % pour atteindre 13 462 unités et 39,8 % de part de marché. Les autres énergies sont en perdition, d’où le déficit accumulé au général. Depuis janvier, le déficit du BtoB VP est de 9,9 %. Seulement 135 011 voitures ont été livrées sur les canaux flottes, dont 52 472 électriques (+65,7 % et 38,9 % de pénétration).
Les VUL en rechute
Après deux mois consécutifs de progression et un premier trimestre conclu sur une hausse de 3,7 % (88 608 unités), les immatriculations de véhicules utilitaires légers ont flanché en avril 2026. Elles ont reculé de 6,7 %, à 30 560 unités. La performance de Renault, à +16 % et 9 925 mises à la route, a été gommée par la déroute de la concurrence, à commencer par celle de Peugeot (-22,7 %, 5 137 unités). Citroën, Ford, Iveco ou encore Mercedes-Benz ont également souffert sur le mois écoulé. Idem pour Toyota qui s’est effondré de 53,5 %. Cette rechute de printemps du marché limite désormais sa progression à +0,8 % et 119 169 immatriculations.
La déroute du marché VO
En empilant à peine 426 620 transactions tous canaux confondus, le marché des voitures d’occasion a vécu une véritable débâcle (-10,8 %) par rapport au mois d’avril 2025 qui avait été de très bonne facture. Ce n’est pas une question de tranche d’âge – car elles sont toutes en repli – mais d’énergie. Les voitures d’occasion essence (-13,8 %, sous les 160 000 unités) et les diesel (-20,9 %, sous les 170 000 unités) plombent un marché crispé par les problématiques de prix à la pompe. Et les 26 000 achats de voitures électriques (+62,8 %) confortent cette interprétation. Les professionnels n’ont totalisé que 181 734 reventes à particulier (-10,3 %). Les transactions de gré à gré ont quant à elles chuté de 11,2 %, à moins de 228 500 unités. Après quatre mois, le marché français est en recul de 4,6 %, à 1,756 million d’unités.
(Avec Damien Chalon, Christophe Jaussaud et Gredy Raffin)
Retrouvez l’intégralité des immatriculations de véhicules neufs et d’occasion d’avril 2026 dans notre Data Center.
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