Depuis cinq ans, la note devient de plus en plus salée pour les automobilistes se présentant à l’atelier. Les chiffres publiés récemment dans l’étude annuelle du SRA en attestent et les frais de réparation battent tous les records.
En effet, entre 2021 et 2025, ces derniers ont bondi de 29,9 %. Une hausse qui s’est accélérée depuis 2023, le coût des réparations s’étant accru de 12,4 %. Une évolution constatable sur un an à tous les postes, que ce soient les pièces de rechange (+ 5,5 %), la main-d’œuvre (+ 6,2 %) ou les ingrédients de peinture (+ 6,9 %).
Ainsi, sur l’année 2024, la hausse du coût moyen des réparations s’établit à 5,9 %. Une augmentation qui reste significative, mais qui ralentit légèrement. Après plusieurs années en progression, le SRA constate que l’évolution annuelle du coût moyen des réparations a tendance à freiner.
En particulier sur le poste pièces de rechange dont le montant a évolué de 7,3 % sur la période 2023-2024 à 5,5 % en 2024-2025. Un ralentissement qui ne doit pas occulter une hausse significative du coût des pièces de rechange qui n’a fait qu’augmenter d’une année sur l’autre depuis 2021.
De fait, les pièces de rechange ont vu leurs frais exploser entre 2021 et 2025, de 33,4 % (+ 13,1 % sur les deux dernières années). Notons que la croissance des frais moyens touche l’ensemble des familles de pièces principales dont l’augmentation du coût moyen dépasse les 5 %.
L’optique avant subit la plus forte hausse, de 9 %. Le poste pièces de rechange représente un peu plus de la moitié des contributions aux dépenses de réparation (52,1 %). Comme le précise le SRA dans son étude, le taux de remplacement de la grande majorité des pièces dépasse les 90 %.
La raison de la hausse
L’augmentation de la complexité technologique, sécuritaire et esthétique des véhicules modernes accroît non seulement le nombre de pièces embarquées, mais aussi leur vulnérabilité en cas de choc.
Cette sophistication technique, associée à l’utilisation de nouveaux matériaux et de composants électroniques, limite la réparabilité des éléments et impose aux réparateurs des investissements coûteux en compétences et en outillage. Ainsi, 71,9 % des pièces abîmées sont remplacées et, par sinistre, 6,5 pièces sont endommagées en moyenne.
D’autre part, le secteur fait face à une inflation généralisée et fréquente des prix des pièces détachées, un phénomène suivi de près par l’étude du Panier SRA qui analyse les variations tarifaires de milliers de références.
En parallèle, le taux d’application de pièces issues du réemploi (PRE) suit son chemin dans les garages et elles représentent désormais 6,1 % de celles remplacées (contre 3,9 % en 2021). En 2025, 20,9 % des réparations réalisées avec une expertise contenaient ainsi au moins une PRE parmi celles changées contre 11,7 % en 2021.
Au-delà du coût des pièces, l’âge moyen des véhicules réparables ne cesse d’augmenter. Celui-ci était de 8,4 ans en 2025 contre 7,3 ans en 2021. Ce vieillissement du parc se constate depuis plusieurs années avec une croissance moyenne située entre 0,2 et 0,4 an par année.
Ajoutons que 75,3 % des véhicules réparables ont plus de 4 ans et 33,4 % ont plus de 10 ans. La part de ceux de plus de 6 ans a enregistré une hausse, en particulier ceux de plus de 15 ans dont la part a augmenté de 1,2 point à 12,5 %.
L’impact de l’électrification
Naturellement, l’électrification du parc commence à avoir une incidence sur les statistiques. Désormais, les véhicules électrifiés représentent 16,6 % des sinistres de collision en 2025 contre 11,5 % en 2024 et 7,8 % en 2023.
Précisons que ces derniers comprennent aussi bien les modèles à batterie (BEV) que ceux hybrides. Pour cette dernière catégorie, la dynamique est particulièrement forte, en croissance de 4 points, ce qui est raccord avec l’évolution des immatriculations en France.
En ce qui concerne les BEV, ils enregistrent une progression continue de 1,1 point en 2025. En regardant plus en détail, pour les véhicules de moins de 2 ans, les modèles électrifiés constituent 49,1 % des sinistres. La part des versions électriques s’élève à 15,7 % quand celle des hybrides représente 33,4 %.
En 2025, la réparation des véhicules électrifiés confirme sa tendance à la hausse, affichant des coûts nettement supérieurs à ceux des motorisations thermiques. Les chiffres révèlent ainsi un surcoût moyen de 13,4 % pour les modèles hybrides et de 15,4 % pour les véhicules 100 % électriques par rapport au coût moyen global.
Cette inflation constante des factures de remise en état s’explique par une augmentation systématique des dépenses liées à la fois aux pièces de rechange et à la main-d’œuvre spécialisée, creusant ainsi l’écart financier entre les anciennes et les nouvelles énergies.
Ce phénomène résulte de contraintes techniques spécifiques et d’une évolution des structures de réparation. D’un côté, le poids élevé de ces véhicules accentue la gravité des dommages lors des chocs, tandis que l’usage de matériaux complexes comme l’aluminium et la présence de composants haute tension (batteries, câblages) renchérissent le prix des pièces. De l’autre, les interventions exigent des procédures de mise en sécurité chronophages et une expertise technique pointue.
Cette complexité oriente naturellement les flux vers les réseaux des constructeurs habilités, dont les tarifs horaires sont plus élevés que ceux des réparateurs indépendants, comme le précise le SRA.
Une hausse qui n’a pas de frontières
Le SRA n’est pas la seule structure à faire le constat d’une augmentation structurelle des frais de réparation. En dehors des frontières hexagonales, CarGarantie s’est également intéressé au sujet en analysant plus de 1 million de contrats de garantie sur des véhicules neufs et d’occasion outre-Rhin.
L’entreprise allemande, présente dans 19 pays, constate également une progression marquée du prix des pièces détachées et des taux horaires en atelier. Pour le garantisseur, l’année 2025 atteint un nouveau record.
“Dans un contexte d’incertitudes géopolitiques et de fluctuations conjoncturelles, il n’est guère surprenant que les coûts moyens de réparation aient de nouveau nettement augmenté en 2025 : avec environ 764 euros, ils dépassent sensiblement les 718 euros déjà élevés de l’année 2024”, précise CarGarantie dans son analyse.
Pour l’entreprise, la hausse des frais de réparation trouve son explication dans les “défis économiques mondiaux, la complexité technologique croissante des véhicules modernes qui s’accentue et la charge financière”.
Rappelons que le marché allemand a la particularité d’être davantage premium que le marché français. Parmi les nouveautés constatées outre-Rhin, pour les véhicules neufs, le système électrique devient le composant le plus coûteux sur les VN. Sa part dans les frais de réparation dépasse celle du moteur, atteignant 19,3 %. La part du moteur passe donc de 18,4 % en 2024 à 16,9 % en 2025.
Toutefois, pour les véhicules d’occasion, le moteur reste le composant le plus coûteux à réparer, mais en légère baisse. Il représente une part de 24,2 % (contre 26 %). En se fondant sur l’étude du DAT Report 2026, le garantisseur estime que près de 60 % des automobilistes assurent se rendre moins souvent en atelier à cause des prix élevés.
Une situation qui entraîne un cercle vicieux. Moins de clients se présentant à l’atelier implique une baisse des revenus pour les garages en raison d’un taux d’occupation plus faible et une diminution de la satisfaction et de la fidélisation des clients.
Automobile Magazine – France






















