Dire que le nouveau plan stratégique de Stellantis était attendu par le réseau est un doux euphémisme. Depuis une semaine, l’arbitrage entre les marques du groupe international est désormais clair. Ainsi, en Europe, Peugeot et Fiat prennent les commandes et deviennent les deux marques piliers du groupe, tandis qu’aux États-Unis, Jeep et Ram concentrent l’essentiel des ambitions.
Derrière ce duo, Citroën, Opel/Vauxhall et Alfa Romeo occupent un rôle plus ciblé. Et surtout plus régional. Est-ce leur relégation en deuxième division ? Le réseau Citroën ne le pense pas. “Au final, il n’y a pas tant de si grandes surprises que cela”, constatent plusieurs membres du réseau. Ces annonces semblent avoir été conçues pour faire plaisir aux actionnaires, à la famille Peugeot pour Peugeot et à la famille Agnelli pour Fiat, mais dans les faits, cela ne change pas grand-chose.”
Un plan produits dans le marché
Et de poursuivre : “Si nous avons les technologies six ou douze mois après Peugeot, l’impact sur les ventes sera assez limité”. Une stratégie qui était d’ailleurs d’actualité bien avant la nouvelle profession de foi du groupe international. “Le C5 Aircross est sorti plus d’une année après le Peugeot e-3008”, glisse un concessionnaire qui se remémore également l’époque de PSA pendant laquelle les chevrons étaient très souvent dans l’ombre du Lion.
Pour les années à venir, le réseau se veut confiant. Avec le récent lancement du C5 Aircross, “qui connaît un beau démarrage, mais pas à la hauteur de son potentiel”, souligne un distributeur, la gamme est aujourd’hui complète. En outre Citroën va présenter un petit véhicule électrique autour des 15 000 euros lors du prochain salon de Paris, “ce qui sera probablement le modèle le plus attendu de l’événement”, veut croire un distributeur. Courant juin 2026, une convention avec Xavier Chardon, à la tête de la marque, permettra au réseau de connaître dans les détails les orientations à venir.
Un avenir compliqué pour DS Automobiles
En revanche, pour DS Automobiles, qui devient une marque “spécialisée” sous la tutelle de Citroën, à l’instar de Lancia sous la responsabilité de Fiat, le réseau est beaucoup plus mitigé. Il est avant tout dubitatif sur la gamme. Après les mauvais résultats de la N°8, la N°7 est attendue de pied ferme par les concessionnaires. Si la plupart sont confiants sur ce modèle, beaucoup d’inquiétudes portent sur le reste de la gamme. Selon nos informations, la remplaçante de la DS3 Crossback, elle aussi très attendue par le réseau, n’a toujours pas été confirmée par le constructeur, alors qu’il s’agit d’un modèle crucial.
Le second point d’interrogation porte sur le back office. “Jusqu’à quel point seront mutualisées les structures Citroën et DS Automobiles ? Quelles seront les synergies possibles entre les deux marques pour le réseau ?”, questionnent les professionnels. Ces derniers rappellent que la plupart des investissements entrepris pour la marque depuis des années ne sont toujours pas rentabilisés. “Nous perdons de l’argent depuis deux ans”, mettent-ils en avant. Pour rappel, la rentabilité de DS Automobiles était de -2,8 % en 2025 et de -2,3 % en 2024.
Dans ce cas, va-t-on assister à un retour en arrière, à savoir l’intégration des modèles DS dans la gamme Citroën ou a minima leur présence dans les showrooms ? Les distributeurs, qui ont lourdement investi dans les DS Store, ne veulent pas y croire.
Opel en plein doutes
Quant à Opel, les concessionnaires interrogés sont beaucoup plus circonspects. Et surtout dans l’attente d’informations plus précises. Si Opel et Vauxhall ont encore une légitimité en Allemagne et au Royaume-Uni, c’est beaucoup plus difficile en France.
“Carlos Tavares a complètement cassé l’image d’Opel en voulant en faire une marque access premium, à l’image de Volkswagen, alors qu’historiquement, cela n’a jamais été le cas, fustigent des membres du réseau. En dépit de la qualité des produits, les clients sont totalement perdus. Résultat, ils ont fui les concessions !” Et l’annonce d’un futur modèle reposant sur la technologie du chinois Leapmotor risque de rendre l’image de la marque encore plus confuse.
Automobile Magazine – France






















