Cela a été en quelque sorte un retour à la normale pour les distributeurs français. En avril 2026, ils ont enregistré 208 464 entrées de véhicules d’occasion sur leurs parcs, contre 228 318 un mois plus tôt, selon les données compilées par AAA Data pour son étude mensuelle. Ce recul de 8,7 % intervient après le point haut observé en mars et ramène les flux d’approvisionnement à un niveau plus proche de celui de février (204 481 unités).
Le marché semble ainsi retrouver un rythme plus en phase avec ses standards après un début d’année marqué par de fortes variations de flux. La contraction des entrées observée en avril touche avant tout les voitures à motorisation diesel (-11 %, à 79 335 unités) et les MHEV (-11,5 %, à 12 115 unités). Avec moins de 12 300 unités (-2,8 %), le nombre de voitures électriques d’occasion s’est également engagé sur une trajectoire de retour à un niveau plus habituel pour les revendeurs. En attendant la crise prophétisée de toutes parts.
Les reprises baissent en volume, mais gagnent en pénétration
Selon AAA Data, 31,1 % des voitures d’occasion intégrées aux stocks en avril avaient fait l’objet d’un contrat de leasing, soit plus de 143 500 unités. En volume, ce total est bien plus faible qu’en mars (près de 158 900 unités), et en pénétration, le VO d’origine leasing reste plus d’un point sous les régimes normaux.
Jamais au cours des six derniers mois écoulés, la part des particuliers n’avait été aussi élevée dans l’approvisionnement. Elle a été de 78,8 % en avril, malgré une contraction de 5,4 % du volume, à 164 289 reprises. À noter que les voitures en provenance des contrats de LLD (-15,6 %, sous les 11 600 unités) et celles remises dans le circuit par les entreprises (-14,9 %, à 15 900 unités) ont fondu par rapport au mois précédent.
Le profil des véhicules entrant en stock continue de refléter les difficultés structurelles du marché à se renouveler par le haut. Les modèles de moins de deux ans ont représenté 8,4 % des approvisionnements d’avril, passant pour la première fois sous la barre des 10 % au cours des six derniers mois écoulés. Dans le même temps, les voitures de plus de huit ans cumulent toujours une part de 45,4 %, à 94 612 unités.
Les voitures de 2-4 ans au cœur de la demande
Au cours de ce même mois, les revendeurs ont sorti 171 972 voitures de leurs parcs. Leur performance s’est dégradée de 5,3 % par rapport à mars. Malgré ce tassement, les volumes écoulés demeurent supérieurs à ceux de février et globalement du niveau moyen observé depuis novembre 2025.
Les points de vente ont eu plus de mal à convaincre les clients de repartir avec une voiture diesel (-14,7 %, à 54 480 unités) ou essence (-8,1 %, à 63 000 unités). Les acheteurs de VO ont jeté leur dévolu sur les voitures électriques et les statistiques en sont le reflet : 15 415 voitures ont quitté les boutiques, soit 47,3 % de plus que le mois précédent.
Les voitures d’occasion âgées de 2-4 ans ont été les plus prisées. Les professionnels en ont sorti plus de 40 500 exemplaires, soit l’équivalent de 23,6 % de leur activité. Le cumul des VO âgés de 0 à 2 ans et de 4 à 5 ans n’atteint pas ce niveau (37 226 unités). Il approche tout juste de celui des voitures de 8-15 ans (37 341 unités).
Selon AAA Data, les voitures d’occasion de moins de six mois sont celles qui ont un délai de vente médian le plus court (52 jours). Celles de 4-5 ans demandent en moyenne 79 jours pour trouver un preneur. Il convient d’alerter sur la situation des voitures d’occasion de 6-12 mois et de 1-2 ans, dont le délai médian s’établit respectivement à 142 et 159 jours. Des véhicules dont la valeur résiduelle ne crée pas assez de décalage avec des voitures neuves promotionnées.
Les réserves de diesel regonflent
Au terme du mois d’avril 2026, le stock des distributeurs français s’élève à 1 112 725 voitures d’occasion. Il s’est réduit de tout juste 0,4 % par rapport à mars. Une estimation qui exclut, faut-il le souligner, tous les véhicules présents depuis plus de 20 mois sur le parc.
L’offre française se composait alors notamment de presque 450 600 voitures diesel (+1,1 % sur un mois) et de 405 400 voitures essence (-0,6 %). La forte demande pour les voitures électriques d’occasion a permis d’expurger une partie de la réserve. Le total en stock a fondu de 7,2 % entre mars et avril pour terminer à 51 650 unités.
Sur le plan des segments, le segment B reste de loin le plus représenté avec près de 300 000 véhicules en stock, soit environ 27 % du parc total. Les C-SUV demeurent le deuxième pilier du marché avec plus de 176 000 unités, devant les segments C. Les B-SUV, malgré leur succès commercial, continuent de perdre légèrement du terrain dans les stocks. Une évolution cohérente avec leur bonne rotation en point de vente.
À regarder de près, avril 2026 marque moins un retournement qu’une phase de stabilisation du marché du véhicule d’occasion. Les distributeurs semblent avoir retrouvé un niveau d’activité plus soutenable après les excès de flux du premier trimestre, avec des stocks qui cessent progressivement de gonfler. La très nette accélération des ventes de véhicules électriques d’occasion constitue également un signal notable, alors même que les craintes d’embolie du segment continuaient d’alimenter le marché ces derniers mois.
Pour autant, plusieurs déséquilibres persistent. L’approvisionnement reste très largement dépendant des particuliers, tandis que les retours de leasing et de flottes demeurent insuffisants pour alimenter le marché en véhicules récents. La part des VO de moins de deux ans tombe même sous un seuil historiquement bas, au moment où les délais de vente des modèles récents se dégradent fortement sous l’effet des politiques promotionnelles sur le neuf.
Automobile Magazine – France






















