Dans la foulée des annonces récentes de constructeurs, notamment allemands, Mercedes-Benz se penche à son tour sur le domaine de la défense. Dans une interview au Wall Street Journal, publiée dans la nuit du 15 au 16 mai 2026, le président du directoire de la marque à l’étoile a indiqué qu’il n’excluait pas de se lancer dans le secteur de l’armement. “Le monde est devenu plus imprévisible, et je pense qu’il est tout à fait clair que l’Europe doit renforcer son profil en matière de défense”, assure le Germano-Suédois Ola Källenius.
“Si nous sommes en mesure de jouer un rôle positif dans ce domaine, nous serions prêts à le faire”, a-t-il ajouté. Ces propos interviennent dans un contexte de réarmement de l’Allemagne face à la menace russe grandissante depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. L’industrie allemande de la défense profite pleinement de cette tendance, comme l’illustre la montée en puissance ces dernières années de Rheinmetall.
Fin mars, le patron de Volkswagen, Oliver Blume, avait dit être “en contact” avec des entreprises d’armement, actives notamment dans la défense antimissile, pour reconvertir l’une de ses usines allemandes dans la production d’équipements de transport militaires. Selon le Financial Times, les discussions ont lieu avec la société Rafael Advanced Defense Systems, qui a conçu le Dôme de fer israélien.
Un axe de développement stratégique pour la marque
Interrogée par l’AFP au sujet de l’interview d’Ola Källenius, une porte-parole de Mercedes-Benz a souligné que le groupe “fournit depuis de nombreuses années des châssis à des entreprises spécialisées qui les équipent et les commercialisent sous leur propre responsabilité et sous leur propre marque pour des applications militaires”.
“Nos activités dans le domaine de la sécurité et de la défense constituent un axe de développement stratégique que nous continuerons à développer activement, en collaboration avec nos partenaires”, a-t-elle ajouté. Ola Källenius n’a pas donné de détails précis, dans son entretien au Wall Street Journal, sur les types de produits que Mercedes-Benz pourrait fabriquer.
Il a prédit que ce type d’activités liées à la défense ne représenterait qu’une part “mineure de l’activité” de Mercedes-Benz par rapport à la fabrication de voitures et de fourgonnettes, mais qu’elles pourraient constituer “un créneau en pleine croissance susceptible de contribuer également aux résultats commerciaux” du groupe. (Avec AFP)
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