lissue dun CSE extraordinaire organis le 16 avril 2026, la direction de lusine Stellantis de Poissy (78), qui produit les Opel Mokka et DS 3, annonce que le site ne produira plus de voitures. Toutefois, lavenir industriel du site devrait perdurer “pour des dcennies” via dautres activits comme la fabrication de pices dtaches, la transformation de vhicules ou encore le reconditionnement. “Il sagit dune victoire pour nos salaris, parce que nous inscrivons la transformation du site sur le temps long. La proposition de transformation qui sera mise en uvre permet d’inscrire l’usine de Poissy dans le territoire pour de nombreuses annes et de nombreuses dcennies”, senthousiasme ric Hann, directeur du site de Poissy.
Une dcision qui ouvre de nouvelles opportunits pour le site, mais qui implique galement une restructuration. Ainsi, sur les 1 500 emplois ddis la production, 500 emplois devraient disparatre dici 2030, et “aucun plan social nest prvu” selon la direction. Les dparts seront pour la plupart volontaires ou lis des dparts la retraite. “Ce plan de transformation rpondra ce besoin d’emplois pour l’ensemble de nos salaris”, explique ric Hann. Ds le 20 avril 2026, Stellantis entreprendra un dialogue avec les salaris afin de savoir sils peuvent garder leur activit et quelles reconversions potentielles pourraient avoir lieu en fonction de leurs envies et de leurs comptences. “Proposer une solution d’emploi l’ensemble de nos salaris est un engagement tenu.”
“Les emplois que nous allons crer sont des emplois qui sont connus de nos salaris en emboutissage, ferrage, peinture, assemblage, logistique, qualit. Pour autant, leur rpartition sera diffrente par rapport ce qu’ils connaissent aujourd’hui. Et donc, pour pouvoir les accompagner de l’emploi qu’ils occupent aujourd’hui l’emploi qu’ils occuperont demain, nous mettons en place une cellule qui intgrera leur souhait d’volution, un parcours professionnel, des formations, et si ncessaire une reconversion professionnelle”, explique ric Hann. Moins de salaris justifie galement une diminution du site en matire de superficie.
Le soulagement prime sur les inquitudes
Vis–vis de ces annonces, les syndicats ne tiennent pas les mmes positions. Le syndicat majoritaire sur le site, Force ouvrire, qui a recueilli 34 % des voix lors des prcdentes lections professionnelles, ne cache pas son soulagement. “Nous avons tant de fois entendu que le site allait fermer L, la direction a affirm haut et fort que la vocation industrielle du site et les 1 200 emplois seraient maintenus, sans aucun plan social. Les nuages laissent place au soleil”, se rjouit Brahim Ait Athmane, membre du CSE, syndicaliste FO.
Une position partage par les deux autres syndicats, dont la CFTC. Labandon de la production de voitures relve avant tout du bon sens pour le syndicaliste. “L’industrie automobile a chang et il faut sadapter. Nous sommes trs attachs la voiture, mais cest le ct sentimental. De lautre ct, il y a le pragmatisme, et il faut remplir le frigo. Et aujourd’hui, grce aux activits qui sont l, il y a de quoi garantir le remplissage du frigo pour tous ceux qui seront prsents sur le site”, souligne Brahim Ait Athmane.
Toutefois, le syndicat reste sur ses gardes sur certains points, notamment sur la partie formation qui nest pas claire selon le syndicaliste. “Ce n’est pas parce que vous avez mis de l’argent sur la table, que vous avez planifi les choses sur le papier, que sur le terrain a se concrtise Donc nous devons veiller la mise en uvre du plan, mme si, sur le papier, a nous parat bien”, ajoute le porte-parole de Force ouvrire. Le syndicat se rendra le 30 avril 2026 au Parlement europen pour partager sa vision de lindustrie automobile.
La CGT, lUnsa et Sud appellent la grve
Mais tous les syndicats ne partagent pas cet optimisme. Si la CFE-CGC accepte la situation, quelle estime favorable pour lavenir industriel du site (mme si elle ne cache pas sa dception concernant labandon de la production de voitures), dautres syndicats appellent la mobilisation. linitiative de la CGT – rejointe par l’Unsa et SUD – une manifestation est ainsi organise le 23 avril 2026 devant la mairie de Poissy.
“Il y aura de la casse en matire demploi. Le fait de ne pas produire de nouveaux vhicules au-del de 2028, ils ne pourront pas maintenir tous les emplois du site. La suppression demplois, nous ne pouvons pas entendre a. Surtout que toutes les nouvelles activits du site ne sont pas encore dfinitivement actes”, estime Jonathan Dos Santos, porte-parole de la CGT sur le site de Poissy.
Pour le syndicaliste, le virage, similaire celui qua entrepris Renault pour son site de Flins (78), ne peut pas prenniser lavenir du site. “Pour moi, arrter les lignes de production de voitures pour faire un Flins bis, ce choix stratgique est compltement discutable. On en reparlera quelques mois aprs 2028, mais je ne pense pas que ce sera fameux. Les nouvelles activits ne garantissent mme pas le maintien de lemploi”, ajoute Johnathan Dos Santos.





















