Avec plus de 35 000 immatriculations en 2025, MG Motor a enregistré sa meilleure année depuis son introduction sur le marché français, il y a cinq ans. Mais derrière ces bons résultats se cache une réalité plus contrastée. Le réseau peine à trouver une rentabilité satisfaisante, notamment à cause de la structure de la gamme.
En 2025, MG Motor a battu son objectif d’immatriculations, qui était fixé à 35 000 unités en France et dans les Drom-Com. ©MG
Pour MG Motor, l’année 2025 aura été bonne. Voire très bonne, puisque la marque a légèrement dépassé ses objectifs. “Nous les avions fixés à 35 000 véhicules et 2 % de part de marché, rappelle Julien Robert, vice-président en charge des ventes et du réseau. Nous avons réalisé 35 108 véhicules, des chiffres qui intègrent les Drom-Com, territoires dans lesquels, avec sept distributeurs, nous sommes très présents.” En France métropolitaine, selon AAA Data, MG a immatriculé 33 729 véhicules, en progression de 37,1 % pour atteindre une part de marché de 2,1 %.
Dans le détail, avec 20 828 immatriculations (incluant toujours les Drom-Com, NDLR), MG se positionne comme la 10e marque la plus vendue auprès des particuliers, entre Kia (22 278) et Skoda (19 986). En Europe, la marque est également en forme. Présente dans 34 pays et distribuée par 1 300 points de vente, MG Motor a commercialisé plus de 300 000 véhicules, en progression de 30 %.
Une rentabilité difficile à atteindre
Malgré ces bons résultats, le réseau va connaître une rentabilité en demi-teinte. “Nous n’avons pas encore les résultats pour l’année complète mais, au troisième trimestre 2025, la rentabilité moyenne était de -0,4 %, indique Julien Robert. Sur cette même période, le top 30 des concessionnaires enregistrait néanmoins une rentabilité de 1,1 %. Nous prévoyons donc, pour l’année complète, une rentabilité légèrement positive, d’autant plus que nous allons livrer beaucoup de véhicules sur le quatrième trimestre.“
La raison du décalage entre la forte progression des ventes et une faible rentabilité ? “En seulement deux ans, nous sommes passés d’une marque 80 % électrique à 80 % hybride, rappelle Julien Robert. En 2023, nous avions enregistré une bonne année grâce à un panier moyen de 33 000 euros TTC. À cette époque, nous vendions beaucoup d’électriques, sans soutien commercial. En 2025, le marché est non seulement plus tendu, mais surtout, la structure de nos ventes a évolué. Le panier est descendu à 26 000 euros TTC, car le prix moyen unitaire des véhicules hybrides est plus bas que celui des électriques.“
Un panier moyen en baisse
“Résultat, le réseau a perdu en chiffre d’affaires et si le volume est supérieur à celui de 2023, nous devons faire plus d’efforts d’un point de vue commercial et marketing, poursuit-il. Le réseau peine aujourd’hui à compenser ses marges par l’après-vente : le parc de plus de 100 000 véhicules est largement dominé par l’électrique, et donc peu générateur d’entretien, auquel s’ajoute l’effet d’une garantie de sept ans qui limite la rentabilité pour les concessions.
Un problème que les distributeurs Kia avaient bien connu il y a une bonne décennie. “En 2026, nous avons pour ambition de renforcer les marges unitaires pour améliorer la rentabilité de notre réseau et de développer la flexibilité et la réactivité commerciale“, indique Julien Robert.
Des efforts qui seront nécessaires, car MG compte déployer la nouvelle identité de marque à partir de cette année. “Mais les investissements seront limités, ils porteront principalement sur du mobilier“, tient à rassurer le dirigeant.
40 000 véhicules en 2026
En 2026, MG souhaite atteindre 40 000 unités dans un marché que la marque estime au mieux stable, au pire en baisse de 4 %, pour atteindre une part de marché de 2,5 %. “Excepté pour l’électrique, nous voulons être dans le top 10 de tous les segments“, présente Julien Robert.
Pour y arriver, MG s’appuiera sur le lancement de cinq nouveautés, à commencer par le MGS6, un SUV du segment C/D électrique, suivi par le restylage de la MG4 et d’une déclinaison, appelée MG4 Urban. “Ce modèle sera notre entrée de gamme sur le marché de l’électrique“, a expliqué Julien Robert. Enfin, un autre SUV, le MGS9 PHEV, sera lancé dans la deuxième partie de l’année. La marque a également mis en place une prime fidélité de 1 000 euros auprès de ses clients.
Quant au réseau, aujourd’hui composé de 198 points de vente, il passera à 205 adresses. “Nous allons principalement nous déployer en Île-de-France, indique-t-il. Ainsi, cela nous permettra d’atteindre plus de 90 % de couverture du territoire.” Pour rappel, c’est sensiblement le même nombre de points de vente que pour les réseaux Nissan, Hyundai et Kia, pour ne citer que ces marques.
La marque compte également améliorer les outils de suivi financier et renforcer la satisfaction client sur l’après-vente avec des enquêtes et des formations. “Nous pouvons désormais livrer en 24h dans toute la France avec un taux de service de 95 %“, indique le dirigeant.
Une usine pour 2029-2030
Enfin, dernier cheval de bataille pour cette nouvelle année, les ventes à société. Bien qu’en progression de 76,6 %, elles représentent seulement 12 % des immatriculations de la marque. “Nous voulons passer à la vitesse supérieure avec notamment notre partenaire Arval en marque blanche“, souligne Julien Robert.
Dans les semaines à venir, le constructeur va annoncer l’implantation d’une usine en Europe, mais pour l’heure aucun détail n’a filtré. Après BYD, XPeng et le groupe Chery, MG sera donc le quatrième constructeur chinois à assembler des véhicules sur le Vieux Continent. “À cause de la fiscalité européenne et de l’évolution du marché, cela a pris plus de temps que prévu“, justifie Julien Robert. Les premiers modèles “made in Europe” sont attendus pour 2029 au plus tôt.
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